12 octobre 2018

Témoignages

Portraits, témoignages et parcours de vie de 9 personnes au Centre social de la Pépinière à Pau

Témoignages


Daniel – Bénévole sénior au centre social Là-Haut à Oloron Sainte Marie

Au début, ici il y avait un atelier informatique, spécifique, mais les gens sont partis à la retraite. Donc ils ont mis des PC en haut, mais tout le monde peut les utiliser, ils viennent, ils demandent la clef, ils montent, c’est libre. Avant c’était tous les vendredis soir. Parce que comme ça on se complétait l’atelier informatique et moi. Parce que moi j’apprenais aux gens à se servir d’un logiciel vidéo que ce soit Adobe, Pinac ou n’importe quel logiciel. Mais les gens ne sortent plus le vendredi soir, ça c’est perdu petit à petit. Donc on laisse le numéro de téléphone, ils appellent, on prend rendez-vous, et ils viennent. C’est à la demande.

Quand il y en a qui me téléphonent et qui me disent qu’ils n’y arrivent pas, je leur dis de passer quand ils sont libres, en général c’est dans la journée mais parfois c’est le matin, parfois le soir, je m’en fous moi, je suis à la retraite. Et on voit sur le logiciel. Le tout c’est de pratiquer régulièrement le logiciel pour pas oublier.

Beaucoup de retraités viennent me confier leurs films. Ils ont fait des films quand leurs gosses étaient petits, et puis ils ont plus le matériel pour visionner, alors ils veulent tout mettre en numérique et sur DVD. Par exemple là ça va être les vacances de Pâques, donc ils vont recevoir la famille, donc ils vont penser « Tiens j’ai un film-là, mais j’ai plus le projecteur, je vais aller au Centre Social faire un DVD en numérique. » Et je leur montrerai.

Voilà, je m’amuse avec ça tous les jours…

Il y en a qui doivent pleurer, surtout s’ils ont les gosses loin….

Celui qui m’a donné la vidéo là, il m’a dit de lui faire 5 copies. Sûrement qu’il a la famille qui vient pour Pâques et il va leur en donner une copie chacun.

C’est certainement ces gosses-là qui ont maintenant 50 ans.

J’en ai fait aussi pour moi mais ma femme elle ne veut pas les regarder parce que à part mes enfants qui sont vivants tous les autres sont morts. Les beaux parents, les parents, alors elle veut plus les voir. Pourtant on voit mes gosses….

Il y a des soirées ici, il y a des jeux, il y a un peu de tout, et de temps en temps on me demande de venir filmer une activité au centre social.

Je joue de la pelote, je fais de la moto, avec une Harley, et c’est tout, et je bricole à droite à gauche. Je fais aussi du rugby.

À Oloron y’a une vingtaine de Harley au moins. Y’a beaucoup de vieux dans les Harley.

La vidéo c’est comme la moto en Harley, c’est tranquille, je ne me prends pas la tête… je fais ce que je peux faire.

Propos recueillis par Sara LEFORT, service civique à la Fédération

Homme – 63 ans – Centre Social Denentzat

Réaliser par BONNET SYLVIE en mars 2018

Depuis quand fréquentez-vous le Centre Social ? Et comment et pourquoi y êtes-vous arrivé ?

Alors euh… Voyons que je calcule… j’ai du arriver en 88 quand mon ainé avait 10 ans. A cette époque c’était le CAJ des Joncaux, le centre d’animation pour les jeunes. Car les jeunes l’envahissaient facilement. C’est pour ça que j’amenais mes enfants qui avaient un encadrement. Mes deux filles vers 10 ans et mon fils aussi mais en tant que bénévole pour pouvoir avoir un financement de son permis et il est revenu 1 ou 2 fois après en tant que bénévole.

Il se trouve que je connaissais pas mal d’administrateurs dont certains avec qui j’avais plus d’accointance que d’autres. Et il se trouve par une certaine magie que l’administrateur qui m’a a l’époque approché était directeur de l’école des Joncaux, et il m’a approché en tant que parent d’élève puisque je faisais du bénévolat pour les kermesses de l’école il m’ donc proposé en tant qu’administrateur du CAJ, de venir y faire du bénévolat aussi. Donc j’ai intégrer le CAJ en tant que bénévole en tenant compte de certaines contraintes type famille, travail,… il m’a été chaudement recommandé de prendre le poste de commissaire au compte en 1994. Et puis partant de cet état de fait, et 1998, lorsqu’il est devenu centre social 4 ans plus tard il m’a été demandé de prendre des responsabilités et, je me suis retrouvé administrateur, trésorier du centre social, ce que je suis toujours aujourd’hui. Voila et puis de fil en aiguilles j’ai été ré élu depuis 20 ans.

Mais alors comment je suis devenu bénévole de français je ne sais plus trop… Je crois que c’était à l’époque de Delphine, en 2003 je crois. La CESF de l’époque m’avait demandé si je m’en sentais capable, et ça tombait plutôt  bien puisque c’était seulement une fois par semaine. Et depuis je suis passée à 2 cours et y a deux ans c’était 3 par semaine.

Je passe 100 jours par an au Centre Social en tant que bénévole français, trésorier, membre du bureau et administrateur. J’habite Ainoa donc ça me fait des allers retour de 70 km, l’été c’est agréable mais l’hiver c’est un peu long… (rire) Par contre quand je rentre, le jeudi après ma journée de cours je suis haché.

 

Qu’est-ce que vous apporte le Centre Social au quotidien ?

Ah… euh… Quand je viens ici c’est d’abord l’idée de rencontrer des gens, et notamment pour les cours de français puisque j’ai envie de leur transmettre ma langue, leur expliquer et leur faire découvrir. Et puis en tant que dirigeant de la structure je me dois, puisque c’est un devoir, de connaitre l’ambiance générale dans ce centre social et de prendre autant l’évolution morale que physique du centre social. Pour moi ce n’est pas être un bon administrateur mais être un administrateur capable.

Etre à l’écoute de tout ceux que je croise, savoir prendre en compte, savoir être l’administrateur quand c’est nécessaire, et être le bénévole quand c’est l’heure. Oui il va de soi que quand je parle de l’ambiance du centre, c’est l’ambiance générale, ce sont les autres cours, les adhérents, par exemple le jeudi après midi quand je vais raconter des bêtises aux seniors (rires).

Je sais m’adapter assez facilement mais je suis toujours coincé entre le marteau et l’enclume. Car j’entends des choses des deux cotés et il faut conjuguer entre les deux. On n’est pas dans une relation employeur-employés traditionnelle… à mon employeur je ne lui faisais pas la bise par contre à vous oui ! (rire)

 

Pensez-vous que les activités proposées au  Centre Social sont adaptées à vos besoins actuels : que se soit dans le module lien social, prévention santé ou autre…

Inévitablement l’avancée de la vie fait qu’il y a des besoins de plus en plus grands pour les personnes âgées. Il y a de plus en plus de besoins de services et d’actions pour les seniors premières et deuxièmes générations pour les soutenir, être une main tendue, pour leur expliquer que notre rôle c’est aussi ça… je pensais entre autre aux déclarations d’impôts, aux risque, à la santé, leur expliquer que rien n’est inéluctable.

Et en plus l’état se désengage, ça appuie encore plus que notre présence est indispensable. En tous cas je voudrais finir sur ça, je ne sais pas les autres centres sociaux ou ils en sont, mais nous si nous avions les financements pérennes pour, nous sommes en capacité de créer de l’emploi.


Femme- 75 ans – Centre Social Denentzat

Réaliser par BONNET SYLVIE en mars 2018

Depuis quand fréquentez-vous le Centre Social ? Et comment et pourquoi y êtes-vous arrivé ?

Depuis 1984, depuis l’ouverture du CAJ (Centre animation jeunesse) avec Dany (bénévole couture et Qi kong). C’était un service jeunesse mais il y avait quand même des adultes. Avec Dany quand elle a dit qu’elle allait faire un atelier couture ca m’a intéressé. Apres j’ai proposé la broderie, et plusieurs personnes, 5 personnes au début, ont été intéressées aussi. Ça a fait un atelier de plus destiné aux 40-50 ans. Ça a commencé petit à petit… Ensuite on a continué avec la gym et tout ça. Ensuite on a été à l’appart, et il y a eu Christophe. Il était bénévole et aide moniteur, il faisait beaucoup d’animations pour les enfants.

Mes petites filles sont venues avec Christophe au centre social. Mes filles elles, elles étaient déjà plus vieilles pour ça. Au départ c’était des connaissances à nous, à la famille. Des amitiés de quartier à la base. Il y avait une grande solidarité de quartier. On prenait notre café ensemble, en bas de l’immeuble on descendait avec notre chaise et notre gâteau et on partageait un bon moment. Est-ce que la transformation du CAJ en CS est liée à cette fréquentation des adultes, aux initiatives des habitants du quartier ?

Oui car les adultes ont pris beaucoup de place. Il y a eu les ateliers cuisine, les jeux, la gym, le point de croix, la couture… Personnellement j’ai glané un petit peu autour de moi, car je pense que c’est bien d’avoir du bien être autour de soi, de sortir de la maison, de rencontrer des gens. C’est comme ça que j’ai pu constituer mon groupe de maintenant (en tant qu’animatrice de l’atelier point de croix actuel). Le bouche à oreille a fait beaucoup. Il a crée plus de convivialité et de lien entre tout le monde.

 

Qu’est-ce que vous apporte le Centre Social au quotidien ?

Ca m’apporte moins de solitude déjà, un peu plus de convivialité et de solidarité mais aussi d’amitié. Il y en a plusieurs autour de nous qui ont besoin d’écoute d’attention, de don de soi et de son temps. Pour celle qui le fait c’est qu’elle veut bien le faire, ça lui fait plaisir. Il faut qu’elle le fasse avec son cœur, celle qui est la juste pour être là ça n’a pas d’intérêt.

Regarde quand je le fais pour les résidents de l’EHPAD, ça me fait plaisir de le faire et je me dis aussi, est ce que les autres le feront pour moi quand j’y serais ?

 

Est-ce que vous pensez au moment ou vous serez moins bien ?

On est obligé d’y penser car la vieillesse est la et puis on ne sait pas si nos enfants et petits enfants seront toujours prêts de nous, s’ils seront toujours la pour nous. Avoir quelqu’un autour de nous aussi c’est rassurant, pour trouver de la conversation, des bisous…

 

Pensez-vous que les activités proposées au  Centre Social sont adaptées à vos besoins actuels : que se soit dans le module lien social, prévention santé ou autre…

Les activités proposées sont tout à fait à leur place. C’est super, c’est très important. On a envie d’apprendre, de comprendre. C’est bien que le centre social propose ce genre d’activités.

Pour moi c’est pas du tout gênant, mais peut être que ça dépend de comment les gens le perçoivent. La sophrologie ça nous permet de dire des choses par exemple. Le Solidrive par exemple c’est super ça aide réellement les personnes, et moi aussi. Pour les pacs d’eau au 4ème étage sans ascenseur, je trouve ça super !

 

Est-ce que quand vous pensez au futur vous vous imaginez rester longtemps au Centre Social ?

Oh oui le plus longtemps possible…!

 

Est-ce que vous pensez que c’est bien que nous proposions les activités de façon à ce que tout le monde viennent et soit accessible a tout le monde.

Vous travaillez pour nous améliorer la vie, c’est très bien et c’est normal, ça ne me dérange pas du tout bien au contraire. Même si les personnes viennent sans participer elles sont la pour passer un bon moment. Quand je ne pourrais plus venir jouer au bowling je viendrais quand même pour vous embêter ! (rire)


Batrice – Bénévole à l’Espace de Vie Sociale depuis la création de l’association

Réaliser par Stéphanie en avril 2018

Quel parcours de vie ?

Je suis maman de 3 enfants et grand-mère de 4 petits enfants, j’habite sur le territoire depuis plusieurs années, nous voulions construire et nous sommes venus de Pau vers le secteur car mes beaux-parents étaient résidents de ce territoire. J’ai travaillé en crèche mais suite à des soucis de santé j’ai dû arrêter, j’ai gardé des enfants ensuite à mon domicile pendant plusieurs années.

 

Quel engagement aujourd’hui ? Quel vécu sur ce territoire ?

 Je suis bénévole à diapason depuis sa création parce que c’était un projet qui me tenait à cœur, je suis aussi bénévole à la croix rouge et au secours populaire pour l’aide alimentaire. Je crois que c’est engagement associatif compense le vide que j’ai eu de ne pas pouvoir travailler. Je participe à la vie de mon village.

 

Que penses tu de Diapason et de son activité ? 

Comme je l’ai dit, ce projet me tenait à cœur, j’aime être auprès des enfants, les questions de parentalité m’interrogeaient même si mes enfants étaient déjà grand.

Ensuite l’évolution vers l’espace de vie sociale, j’ai découvert l’aide alimentaire et je m’y retrouve aussi en tant que bénévole, je trouve tellement important de donner de son temps pour les autres. Je pense qu’il y a encore des choses à faire, j’apporte des idées de temps en temps. J’accorde beaucoup d’importance au lien social surtout sur ce secteur très isolé, c’est pesant parfois d’être éloigné de tout mais le cadre est reposant.

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